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4 novembre 2021 imprimer imprimer ]

ADENORUN

À La Réunion aujourd’hui, les activités humaines et les menaces environnementales croissantes entraînent une dégradation de la qualité de l’eau et des habitats et une érosion de la biodiversité aquatique, affectant plus globalement le milieu marin et littoral. Il en devient nécessaire d’appréhender les variations de la biodiversité et entre autre, la présence d’espèces exotiques envahissantes dans ces milieux pour protéger les espèces endémiques.

Afin d’y parvenir, la principale difficulté mais aussi la plus grande nécessité est d’avoir une vue d’ensemble sur les continuums terre-mer qui sont des systèmes complexes comprenant des interfaces et de nombreuses connexions entre les deux environnements.
Avec cet objectif, le projet ADENORUN tend à identifier les paramètres biologiques susceptibles de marquer le lien entre les systèmes terre et mer par l’utilisation d’une technologie innovante, l’ADN environnemental, dit ADNe. Cette technique avait déjà été utilisée à Mayotte en 2019 dans le Projet de Barrage sur l’Ourovéni. Cette méthode est complémentaire aux techniques historiques et elle pallie au manque d’intégration entre les différents paramètres ce que permettrait d’atteindre les objectifs du projet ADENORUN.

Le projet se déroulera selon 3 actions de recherche :

-l’ADNe : il permettra la description des milieux étudiés et un inventaire de la biodiversité mais aussi la mise au point d’un protocole d’échantillonnage et d’une base de données ;

-le microbiome : il caractérisera le microbiome selon les saisons et les années et il identifiera et quantifiera les pathogènes microbiens ainsi que leurs conditions de prolifération ;

-la modélisation : elle mettra en relation les paramètres étudiés et mettra en évidence les nouveaux indicateurs qui reflètent l’état de l’environnement.

Le projet ADENORUN devrait alors permettre d’obtenir les paramètres marquant un lien entre les systèmes terre-mer de La Réunion et donc de déterminer par la suite les plans d’action les plus adéquats selon les résultats qui seront obtenus.

Un projet similaire a déjà été réalisé en Guadeloupe, le GUAE3E, et participe au programme de lutte contre les espèces exotiques envahissantes aquatiques. Il a permis de mettre au point une technique de détection et de surveillance innovante des espèces concernées. Une bibliothèque génétique a été constituée en milieu aquatique en Guadeloupe et la méthode de l’ADN environnementale s’avère plus efficace sur les espèces cryptiques et les espèces exotiques envahissantes.

Pour plus d’information concernant le projet ADENORUN, contactez l’IRD (Lou-Anne Jannel, Philippe Jourand et Pascale Chabane) ou Ocea Consult : pierre.valade@ocea.re